Histoire de la ville de Paimpol

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Les mentions les plus anciennes que nous avons de Paimpol se trouvent dans les chartes des abbayes de Saint-Rion et de Beauport qui datent du 12éme siècle. Le nom de “Paimpol” vient du breton “pen” (extrémité) et “poull” (étang). A cette époque, Paimpol dépendait de la commune de Plounez qui était à l’autre extrémité de l’étang.

Au 16éme siècle, Paimpol appartient au Comte de Vertus. Pendant quelques années à partir de 1591, Paimpol est défendu par un corps de troupes anglaises commandé par Sir John Norris. En effet, le roi de France Henri IV, pour faire face aux Ligueurs de Bretagne, se voit dans l’obligation de demander des secours à la Reine d’Angleterre, qui lui envoie 2400 hommes d’infanterie. Ces troupes auxiliaires avaient Paimpol pour garnison. En 1593, le brigand Guy Eder de la Fontenelle qui soutenait les Ligueurs, pénètre dans la cité de Paimpol, laissée sans défense après le départ des Anglais, la pille, la brûle en partie et massacre un grand nombre d’habitants.

Progressivement la ville se développa grâce à son port qui était le port principal des corsaires Bretons. Il servait aussi de base pour le commerce de cidre, sel, bois et houille avec l’Angleterre. Mais Paimpol est surtout connu pour avoir été dans la deuxième partie du XIXe siècle et au début du XXe siècle un des ports de la grande pêche, au large de l’Islande. Pierre Loti en fera un roman en 1886, Pêcheur d’Islande.

L’Europe découvre, dès le début du XVe siècle, grâce au commerce portugais, un poisson, la morue, et la consommation croissante de ce produit entraîne une augmentation considérable des flottilles pour pêcher en haute mer. En France même, des navigateurs bretons de Paimpol et de Saint-Malo, des marins normands de Barfleur et de Dieppe, enfin d’autres de La Rochelle et du Pays basque partent pêcher la morue au large des côtes canadiennes et dans le golfe du Saint-Laurent, avant même la découverte de l’Amérique par Christophe Colon : la charte de Beauport indique que les Bréhatins connaissaient Terre-Neuve dès 1456 ! Tous ces hardis équipages se retrouvent au large de Terre-Neuve en compagnie de navigateurs portugais, irlandais, anglais, vénitiens et hollandais. Les armateurs Paimpolais s’orientent vers la pêche en Islande à partir de 1852 et à partir de 1856 c’est la destination préférée car plus rentable. 1895 est l’apogée pour l’armement de la grande pêche en Islande (200 mâts sont comptabilisés dans le port, dont 82 navires islandais). Après, c’est le déclin, notamment après la première guerre mondiale pendant laquelle beaucoup de bateaux furent détruits, jusqu’en 1935, avec la Glycine, la dernière goélette paimpolaise qui ira en Islande.

Photos prises lors de la Classic Channel Regatta et reproduits avec l’aimable authorisation de Mike Wynne-Jones, Katrine Gillès de Pélichy et waterlinemedia.com